Objectif : Bol d’Or Classic / Episode 3

Objectif : Bol d’Or Classic / Episode 3

À suivre comme une web-série : l’aventure de l’équipage Moto Revue Classic/AMV qui va prendre le départ du prochain Bol d’Or Classic, du 15 au 17 septembre prochain sur le circuit du Castellet. Une course mythique, une épreuve incroyable dont il est passionnant de connaître les détails historiques.

Le Bol d’Or Classic réunit des motos d’avant 1991, ce qui offre l’occasion de revenir sur l’histoire du Bol d’Or, la plus ancienne course moto de 24 Heures de l’histoire : elle s’est déroulée pour la première fois du 27 au 29 mai 1922. Les circuits permanents n’existaient pas en ces temps reculés, aussi la course a-t-elle eu lieu entre Vaujours, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan, en région parisienne, sur une route même pas goudronnée ! Cette première course moto de 24 Heures avait été organisée par Eugène Mauve, alors Président de l’Association des Anciens Motocyclistes Militaires (AAMM). Il avait repris le nom d’une ancienne course de 24 heures cyclistes sur piste, nommée « Bol d’Or ». Sur la grille de départ, c’était un joyeux mélange entre motos de l’entre deux guerre, side-cars et cycle cars !La course se déroula l’année suivant sur le circuit des Loges, en forêt de Saint-Germain-en-Laye, puis prit son rythme de croisière à Montlhéry dès 1937. Le Bol d’Or était alors la course moto française la plus illustre, les Grand Prix n’existant pas encore. La fête battait son plein tout le week-end, entre bals, buvettes, orchestres, célébrités… Les motos devenaient plus puissantes, plus endurantes et roulaient enfin sur un circuit fermé… et bitumé.

Déclin et irruption des Japonaises

Le Bol d’Or n’eut pas lieu pendant la seconde guerre mondiale et reprit en 1947, de nouveau à Saint-Germain-en-Laye. Il y vit la victoire du français Gustave Lefèvre, sur une Norton. L’épreuve se courait alors seul, sans équipage. Le pilote assurait les 24 Heures sans jamais passer le relais ! Gustave Lefèvre, surnommé « Tatave », était une force de la nature, un gaillard d’une centaine de kilos, dur au mal. Il remporta ainsi sept Bol d’Or et tiendra longtemps le record de victoires de l’épreuve, avant que Vincent Philippe ne le batte, avec ses huit victoires au Bol depuis 2016. Durant les années 1950, le Bol d’Or perd de sa popularité auprès des motards. La moto en France ne se porte pas bien, le circuit de Montlhéry se trouve trop éloigné de Paris pour constituer un but de promenade, le nombre de motos engagées baissent… On trouve encore au départ des side-cars, mais aussi des scooters. En 1955, le 27ème Bol d’Or voit la victoire des pilotes tchèque Oldrich Hamersmidt et Sasa Klint sur une 350 Jawa (l’épreuve se court désormais à deux pilotes), l’équipage Brugeille/Daric termine lui 20ème et premier en catégorie scooter sur un Lambretta 125. Un dernier Bol d’Or a lieu en 1960, sans succès.

Le retour en grâce

La course d’endurance n’a plus lieu pendant quasiment toute la décennie, avant de reprendre à Montlhéry en 1969 grâce au journal Moto Revue, au Moto Club Châtillonnais et au célèbre pilote-concessionnaire Jean Murit. Les motos japonaises débarquent en force, les motos anglaises ne veulent pas se laisser impressionner, la course retrouve de sa superbe. Un futur bon pilote de Grand Prix la gagne en 1969, Michel Rougerie. On y voit l’arrivée des mythiques Kawasaki 500 H1, Honda CB 750, Triumph 750 Trident… De 1971 à 1977, le Bol d’Or prend une envergure internationale. Il est inscrit à la coupe d’Endurance de la FIM et se court sur le circuit Bugatti, au Mans. Ce sont les grandes heures de Godier Genoud, de Japauto, puis des Honda officielles 1000 RCB avec le tandem Léon/Chemarin… De nombreux pilotes de GP participent à cette course d’endurance, pour le moment encore unique en France. En 1978, le Bol d’Or quitte Le Mans pour Le Castellet. Année où sont créées les 24 Heures du Mans moto… Si la Honda d’usine l’a encore emporté en 1978, elle a eu beaucoup de peine à contenir la Yamaha officielle 750 TZ deux temps emmenée par Patrick Pons et Christian Sarron, qui ont cassé au bout de 17 heures. Les motos japonaises règnent dès lors sans conteste, malgré quelques rares incursions de motos italiennes (Laverda, Benelli, Ducati) ou autres prototypes.

Le Bol moderne

Le Bol d’Or reste au Castellet jusqu’en 1999, où il connaît de grandes heures. Les Honda RVF officielles, l’éclosion de l’équiper Suzuki SERT dirigée par Dominique Méliand, avec notamment l’apparition de la GSX-R en 1985… Les pilotes sont maintenant trois à se passer le guidon, le rythme n’en finit pas d’augmenter. Le Bol d’Or a également retrouvé une dimension populaire auprès du public motard. En 2000, le Bol d’Or a lieu sur le circuit de Magny-Cours, Le Castellet devenant uniquement un circuit d’essai, suite à son rachat par Bernie Ecclestone. Les victoires s’y partagent en majorité entre le SERT et le GMT 94. Le Bol d’Or Classic y est organisé pour la première fois en 2003, suite à la sortie du magazine Moto Revue Classic en 2002. Cet événement est dédié entièrement et uniquement à la moto ancienne. On y voit au début des motos de toutes marques, des anglaises, des allemandes, des italiennes… Comme aux débuts du Bol d’Or. Peu à peu, les japonaises prennent de plus en plus en plus de place. En 2015, pour la première fois de l’histoire, Bol d’Or et Bol d’Or Classic sont organisés le même week-end, lors du grand retour au Castellet !

< Article précédent :
> Article suivant :